Routes départementales, nationales ou autoroutes : où les accidents sont-ils les plus nombreux ?

By Turbo Tendances

Autoroutes, nationales, départementales, petites routes communales : toutes les routes françaises ne présentent pas le même profil d’accidentalité. Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, ce ne sont pas nécessairement les axes les plus rapides ou les plus fréquentés qui concentrent le plus grand nombre de décès.

Les statistiques de sécurité routière montrent au contraire que les routes départementales et, plus généralement, les axes situés hors agglomération occupent une place majeure dans la mortalité routière française.

3 193 morts sur les routes métropolitaines en 2024

Selon le bilan définitif de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière, 3 193 personnes sont mortes dans un accident de la route en France métropolitaine en 2024.

Le chiffre est en légère augmentation par rapport à 2023, avec 26 décès supplémentaires, soit +0,8 %.

L’ONISR estime également à environ 235 600 le nombre de personnes blessées, dont près de 16 000 blessés graves.

Ces données nationales peuvent être complétées par les statistiques territoriales issues de la base BAAC, accessibles notamment sur l’observatoire des accidents de la circulation en France, qui permet d’explorer les accidents corporels par région, département ou commune.

Mais lorsqu’on s’intéresse au type de route sur lequel les accidents graves surviennent, un réseau ressort très nettement.

Les routes départementales concentrent près des deux tiers des décès

En 2024, 2 018 personnes sont mortes sur les réseaux routiers départementaux métropolitains.

Cela représente environ 63 % de l’ensemble de la mortalité routière de France métropolitaine.

L’ONISR recense par ailleurs 1 892 accidents mortels sur ces réseaux départementaux au cours de la même année.

Ce résultat peut surprendre. Les autoroutes sont souvent associées à la vitesse et les grands axes nationaux à un trafic important. Pourtant, ce sont les routes départementales qui concentrent de très loin la plus grande part des décès.

Cela tient notamment à leur importance dans le réseau français et aux caractéristiques de nombreux trajets effectués hors agglomération.

Hors agglomération, 60 % des morts sur la route

Le type de réseau n’est pas le seul élément déterminant. Le milieu dans lequel la route se trouve joue également un rôle majeur.

En 2024, 1 924 personnes sont mortes sur des routes situées hors agglomération, hors autoroutes.

Lire aussi :  L'impact des nouvelles réglementations sur les véhicules

Elles représentent environ 60 % des personnes tuées sur les routes de France métropolitaine.

À titre de comparaison, 1 030 personnes sont décédées en agglomération et 239 sur autoroute.

Autrement dit, les routes hors agglomération ont enregistré environ huit fois plus de décès que les autoroutes en 2024.

Elles ont également concentré 47 % des blessés graves recensés ou estimés par l’ONISR.

Pourquoi les routes départementales peuvent-elles être si dangereuses ?

Plusieurs caractéristiques peuvent expliquer cette situation.

Une route départementale située hors agglomération est souvent bidirectionnelle, avec un seul axe séparant les véhicules circulant en sens inverse.

Contrairement aux autoroutes, il n’existe généralement aucune barrière physique centrale.

Une erreur de trajectoire peut donc entraîner une collision frontale particulièrement violente.

Ces routes comportent aussi davantage d’intersections, de virages, d’accès riverains et de différences de vitesse entre les différents usagers.

Enfin, lorsqu’un véhicule quitte la chaussée, il peut rencontrer des obstacles fixes : arbres, poteaux, fossés ou ouvrages routiers.

La vitesse joue naturellement un rôle dans la gravité des conséquences, mais elle ne suffit pas à elle seule à expliquer l’accidentalité.

Le Cantal illustre le poids des routes départementales

Dans les territoires ruraux, le rôle des départementales apparaît particulièrement clairement.

En 2024, le Cantal a enregistré 174 accidents corporels, ayant fait 213 victimes et 13 morts.

Les données détaillées sur les accidents de la route dans le Cantal montrent que 87 de ces 174 accidents se sont produits sur une route départementale, soit exactement 50 % du total.

Les voies communales arrivent derrière avec 59 accidents, soit 33,9 %. Les routes nationales en comptent 22, soit 12,6 %, contre seulement 4 accidents sur autoroute.

Le département offre ainsi un exemple intéressant de la diversité des réseaux routiers français.

Dans le Cantal, 53 accidents corporels recensés en 2024 ont par ailleurs eu lieu sur des voies limitées entre 81 et 90 km/h.

Les autoroutes restent proportionnellement plus sûres

La vitesse maximale autorisée sur autoroute peut atteindre 130 km/h, mais cela ne signifie pas que ce réseau soit celui où l’on meurt le plus.

Lire aussi :  BMW 2025 : Nouveaux modèles, innovations technologiques et stratégie électrique

En 2024, 239 personnes sont décédées sur autoroute, contre 269 en 2023.

La mortalité autoroutière a donc diminué d’environ 11 % en un an.

L’autoroute bénéficie de plusieurs caractéristiques favorables à la sécurité : séparation physique des flux de circulation, absence de croisements directs, sens de circulation unique sur chaque chaussée, accès réglementés et infrastructures généralement conçues pour des vitesses élevées.

Cela n’empêche évidemment pas les accidents graves. Fatigue, vitesse excessive ou inadaptée, distances de sécurité insuffisantes et distraction peuvent notamment produire des collisions importantes.

Mais les chiffres montrent que l’autoroute représente une part relativement limitée de la mortalité routière française.

43 % des morts hors agglomération le sont dans un accident sans tiers

Les accidents hors agglomération présentent également une caractéristique révélatrice.

Selon le bilan ONISR 2024, 43 % des personnes tuées sur ces routes sont décédées dans un accident n’impliquant aucun tiers, hors piéton.

Il peut par exemple s’agir d’une perte de contrôle suivie d’une sortie de route ou d’un choc contre un obstacle.

Parmi les 1 924 personnes tuées sur des routes hors agglomération en 2024, 1 107 circulaient dans une voiture particulière, soit environ 57 % du total.

Une grande partie de l’enjeu de sécurité routière se situe donc loin des grandes autoroutes et des centres urbains les plus embouteillés.

Nationale, départementale ou autoroute : laquelle est finalement la plus dangereuse ?

Il serait trop simpliste d’attribuer à chaque type de route un niveau de danger unique.

Le risque dépend de nombreux paramètres : volume de trafic, vitesse, tracé, densité des intersections, météo, luminosité, comportement des conducteurs ou encore présence de motos, cyclistes et piétons.

Mais les données 2024 permettent malgré tout de dégager une conclusion forte : les routes départementales occupent une place centrale dans la mortalité routière française.

Les réseaux départementaux concentrent près des deux tiers des personnes tuées, tandis que les routes hors agglomération totalisent 60 % de la mortalité métropolitaine.

L’autoroute, malgré ses vitesses élevées, reste très loin derrière en nombre de décès.

La route qui paraît la plus impressionnante n’est donc pas forcément celle sur laquelle les conséquences des accidents sont les plus lourdes.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.